Le convoi 62 part de la gare de Bobigny le 20 novembre 1943 emportant avec lui 1,200 Juifs, dont une majorité sont de nationalité française; plus de 40% des déportés sont même nés en France. Parmi eux se trouve Robert Blum, né à Belfort, chef du bureau administratif du camp de Drancy ainsi que Jacques Helbronner, né à Paris, président du Consistoire central, conseiller d'État et grand ami de Philippe Pétain.
Plusieurs déportés réussissent à s'évader du train. Friedrich Köhnlein, le sergent-chef de la Schupo (la « Schutzpolizei » - littéralement police de protection – un corps de police régulière), responsable de l'escorte du convoi 62, relate les circonstances de l'évasion dans son rapport au SS-Hauptsturmführer Dr Heinz Röthke qui en juillet prend en charge l’annexe parisienne du Département IV B4 (« affaires juives et évacuation ») du RSHA jusqu'alors dirigé par Theodor Dannecker:
« Le convoi est parti à 12h10 (…) et s'est arrêté à 20h30 avant Lérouville (Meuse). Lors du contrôle des wagons, il fut constaté que les entretoises des lucarnes d'aération du wagon N°6 avaient été arrachées. Le contrôle révéla que le responsable du wagon avait pris la fuite avec 18 hommes. Les 19 hommes se sont évadés à la forte côte devant Lérouville, où le train doit rouler au pas, bien que des coups de semonce répétés aient été donnés à partir de la dernière voiture d'escorte. Par suite de l'obscurité et du fort brouillard qui y régnait, l'évasion n'a pu être remarquée pendant le voyage. J'ai aussitôt fait enlever leurs chaussures à tous les détenus hommes à l'exception des malades et des vieillards. Elles furent rangées dans une voiture vide et ne furent restituées qu'à Auschwitz. De cette façon, le voyage se passa sans autres incidents. »...